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Une aventure cyclo à cinq points

Revue N° 31 Page 62

Jeudi 26 septembre 2002, nous décidons, André Valette, Georges Manipoud et votre serviteur (Michel Marcelot) d’aller «cycloter» à partir de Nyons où nous laissons la voiture. Nous avions le projet d’ajouter à notre palmarès quelques cols à notre actif.

Belle journée qui s’annonce au départ mais ensuite un vrai temps de fin d’été; soleil, mistral et la douceur de la Provence.

Nous quittons la départementale avec soulagement et prenons la direction de Puymeras. Arrêt chez le boulanger pour faire les provisions et au café afin de reprendre des forces. A la sortie du village, je suis en compagnie d’André, la route monte sèchement. Tout à coup, nous entendons un cri. Arrêt, demi-tour et stupéfaction : notre ami Georges est étendu sur la route, empêtré dans son vélo. Apparemment pas de gros bobo à l’exception d’une méchante coupure sous le menton qui saigne abondamment. Georges s’inquiète plus du vélo que de sa santé. Il faut dire que la roue arrière est sortie du cadre (inexplicable). Enfin nous le relevons et l’asseyons un instant sur le talus. La blessure saigne et André constate une coupure assez profonde. La décision est vite prise; il faut trouver un toubib. Je pars en éclaireur : pas de docteur dans le village; Georges est un peu groggy mais décide de continuer à vélo sur Vaison-la-Romaine où nous serons sûrs d’avoir du secours. Les 6 km sont parcourus doucement : André devant et moi derrière.

En fait ce sera le services des urgences qui accueillera notre blessé : prise en charge rapide, 5 points de suture agrémentés d’un superbe pansement tout blanc avec en prime une piqûre antitétanique. En bref, la totale.

Après cela la plupart d’entre vous aurait dit : «les amis, la journée de vélo est terminée, il est plus sage de rentrer à Nyons». C’est ce que nous lui avons suggéré, nous, ses amis. La réponse est tombée, rapide, précise, sans appel : «je continue, pas question de rentrer, j’ai des cols à franchir». Nous aurions dû nous douter de la réponse car le monsieur a une volonté de fer et comme le chirurgien, questionné, permettait la reprise du jeu, mais calmement… alors….
Donc, départ de l’hôpital et après un bref arrêt reconstituant à Vaison, direction Le Coulet (84-0370) au-dessus de Séguret, ensuite nous prenons une route forestière caillouteuse à souhait qui nous mène à travers les vignes. Le repas de midi sera pris au pied de l’une d’elles qui nous fournira en dessert (excellents raisins oubliés lors de la récolte). Ensuite direction Le Crestet, toujours par les chemins de terre. Le château est magnifique et la vue est superbe sur la vallée de l’Ouvèze. Je propose timidement à Georges de rentrer maintenant car … «ta santé… pas d’imprudence… le choc… les séquelles éventuelles...». Que nenni, nous avons l’ordre de rentrer par les petites routes et quand nous serons à Nyons, nous en profiterons pour grimper le passage de la Garde Crosse… Non mais des fois !

Bon, après tout, rentrons et nous aurons le temps de le dissuader. A deux, ce sera facile. Entrechaux, Faucon, La Tuilière, Mirabel aux baronnies et enfin Nyons.

Aucun argument ne l’arrête. Georges a décidé de franchir l’obstacle. Nous baissons l’échine et suivons (la voiture est à 200 mètres). Et là, surprise, la moyenne de la pente est de 9 - 10% avec des passages à 12 voire 14 % sur 7 km environ. Petite route en mauvais état mais qui nous mène au sommet du passage de la Garde Crosse (26-0781) en passant par le petit col de la Croix (26-0709). Toutes ces difficultés nous laissent penser que Georges abandonnera sagement; mais non; il arrive au sommet, heureux comme un gosse et fier d’être là. Il faut préciser que le point de vue est impressionnant (je vous le recommande).

La blessure, elle, va bien. Les 5 points ont tenu et le pansement qui lui fait une «barbichette» est intact. Quant au blessé, il accuse la fatigue. Descente prudente et retour sur Nyons à la voiture et puis retour à Valence.

Bilan pour cet accidenté de la route : 82 km, 3 nouveaux cols et 1800 m de dénivelée. Il faut le faire, non ? Imprudence d’avoir continué ? Et si, après tout, ce n’était que de la passion !

Rassurez-vous, cette blessure n’est plus qu’un mauvais souvenir et l’ami Georges n’arrête pas de se battre avec de nouveaux cols.

Michel Marcelot

CC 4710


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