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La chasse aux rayons

Revue N° 29 Page 52

Comme chaque année, un séjour organisé par Michel DEPOND, à la demande de notre Président, réunit des "Cent Cols" et des amis du tour de France autour d'un circuit en Corse.

Le 10 Septembre 2000, 15 "Cent Cols" et 18 amis se retrouvèrent donc sur le port de Marseille, avant l'embarquement pour Bastia à bord du Napoléon Bonaparte.

Immédiatement des contacts sont pris et les confrères Cent Cols se retrouvent pour parler de leurs futures ascensions. Philippe CARREZ (vous savez, le grand breton créateur du site internet des Cent Cols) se place d'emblée comme le chef de bande avec un palmarès de plus de 1000 cols et sort ses premières cartes.

Le potentiel de cols franchissables parait infini et encore insurmontable. La récolte promet d'être riche si nos moyens le permettent.

Dès les premiers jours, la chasse part tout azimut : un col par-ci, un col par-là et c'est finalement déjà 10 cols le premier jour, pour 5 prévus. Quelle journée !

A chaque jour suffit sa peine, nous disions-nous. Mais les deux, trois et quatrième jour ne démentirent pas le rythme du premier. Toujours des cols et des kilomètres en plus. L'émulation née de notre maître à tous suffisait à motiver chaque jour une troupe de 7-8 "Cent Cols" acharnés. Les dernières étapes, quoique plus faciles sur le papier, nous conduisirent à engranger la bagatelle de 17 cols par jour.

Mais c'est dans la 5 ème étape, que le clou du séjour arriva. Philippe nous convainquit de gravir 3 cols situés à un kilomètre de la route conduisant à CORTE par une route classée... R1. Pour lui, facile et abordable avec un vélo de course. Pour nous autres, presque une aventure avec nos vélos.

Néanmoins, nous décidâmes de le suivre peu après le Bocca d'Ominanda pour une cueillette allèchante.

Les premières rampes s'avérèrent délicates : un passage à plus de 15 % sur un sentier chaotique avec des pneus de 23mm. L'adhérence n'est pas à son faîte et il nous faut parfois poser le pied à terre, voire les deux, pour pousser notre machine sur de brèves distances. Puis la pente s'adoucit et nous contournons deux mamelons successifs, au pied de ce qui est sans doute le relais TSF de Corte, pour passer ces fameux trois cols.
Cette digression méritait bien une photo.
Il ne restait alors plus qu'à descendre. Ce n'était pas le plus facile, loin s'en faut. A mon sens, le fait d'être plus haut et sur pneus plus fins que sur un VTT a rendu cette descente vertigineuse, plus ardue et plus impressionante que si nous l'avions franchie en "mountain bike". Avec une extrême prudence - je suis allé jusqu'à pousser mon vélo pendant quelques mètres -, nous parvînmes sans dégats physiques au carrefour avec la route goudronnée. Un rapide tour du vélo ne montrait pas non plus de crevaison ni de pneu entaillé.

En revanche, l'examen attentif des roues et de leurs voiles nous a permis d'observer que deux rayons étaient morts de leurs belles morts. La chasse effrénée avait donc son revers. Nous l'apprîmes un peu à nos dépens. La chasse aux cols devenait ainsi la chasse aux rayons avec un principe quasi vérifié : oeil pour oeil, dent pour dent.

Mais, vous l'aurez compris, tout ceci relève plus de la fable que de la réelle mésaventure. Nous revenons de la Corse enchantés, avec des paysages fabuleux, des routes d'une qualité surprenante, un temps et des plages idylliques, et "the last but not the least", une organisation exemplaire. Presqu'accessoirement, serions-nous tenté de dire, ce périple nous permit de passer plus de 70 cols, 16 000 mètres de dénivelée et rouler près de 1000 km en 8 jours non-stop de vélo.

Une expérience que, nous l'espèrons de tout coeur, d'autres "Cents Cols" pourront tenter l'année prochaine et les années suivantes...

avec la participation de :
Jean-Yves BLANCHARD, Jean PERRET, Daniel Gouy, Franck JACOB, Philippe CARREZ


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