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Ma Cayolle - Mon premier

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Mais, que veut-il donc nous dire ?

Pour beaucoup d'entre vous, Chers Anciens du Club des Cent Cols, ce récit va paraître bien banal.
D'ailleurs maintenant, moi aussi je sais que l'escalade cycliste d'un col à plus de 2 000 m ne constitue pas un exploit en soi.
Et même, je peux témoigner avoir bien plus souffert dans les lacets de cols bien modestes hauts d'à peine 1200 m. Mais, le col à plus de 2 000 m, avec les grands brevets, c'étaient ma chimère.

C'est à 47 ans, en 1981, que je découvre le vélo ; je roule seul, mes grandes sorties ne dépassent jamais 100 Km.
En 83, la chance, c'est mon adhésion à l'Asculyon. Au club, j'ai connu un peu toutes les catégories de cyclistes. Ceux des grands brevets m'ont bien vite fait rêver. Mais : "vous n'êtes pas bien, les gars... Les grands brevets, à mon âge !" Et pourtant...

Ils s'en sont donnés du mal, mes amis. Ils ont tant et si bien oeuvré que j'ai fini par être persuadé que "je peux".
Et en fait, je suis ravi de ma saison 85 : Lyon-Mont-Blanc (n'est-ce pas Jean-Pierre ?) - Bra - 3 BCMF - entre autres, et mon premier plus de 2 000 m.
Le soir, après l'arrivée du Circuit des Cols Gapençais, le bon Robert, le "coach", l'une des chevilles ouvrières du club, m'apostrophe "Dis Papy, on va à Barcelonnette se faire des plus de 2 000 ?"

Aïe - Tout à l'heure dans le Noyer, j'ai tellement souffert...
Mais, le coup est fort bien monté ; Marie-Claude, la femme du coach, et l'ami Richard me guettent sournoisement. Evidemment, mon secret est celui de Polichinelle. Je n'ai pas un col au-dessus de 2 000 m. Eh voilà. C'est ainsi que j'ai un inoubliable souvenir anniversaire. Pour mes 51 ans, le 3 juillet, nous avons ensemble grimpé La Cayolle.

L'appétit vient en mangeant, c'est connu. En 30 jours, j'ai porté mon capital à 11 cols dans cette catégorie. De chacun, je garde des photos, des anecdotes et d'immenses joies.

Cependant, toujours, mon premier sera La Cayolle.
De votre premier plus de 2 000, vous souvenez-vous ?

Pierre JANIN

Asculyon


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