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Belle randonnée et rencontre inattendue

Revue N° 27 Page 59

En 1998, la Corse est au programme avec un séjour qui va s'étaler de la deuxième semaine de mai jusqu'à la première de juin dans la région d'Ajaccio. La Corse à vélo, c'est un privilège pour nous les cyclos, car nous en prenons plein les yeux et plein les mollets dans des paysages magnifiques sur des routes jamais faciles. Après quelques sorties où les ascensions succèdent aux ascensions, je décide d'aller escalader le Ciano.

De bon matin, par une température plus que clémente en cette fin du mois de mai, je me rends à Cauro, grosse bourgade située à 9 km d'Ajaccio. Simple remarque; nos amis corses semblent avoir le pied plutôt lourd sur la N 196 dans une circulation intense !

Par la très agréable D 17, les petits cols se succèdent et sont montés à mon rythme car, je l'avoue, je suis un piètre grimpeur et le plateau de 28 dents s'avère vite indispensable. Après le col de Sant'Albertu, le col Marcujolu, le col Cricheto et le col de Menta, tous à moins de 750 m, se présente Bastelica au pied du col de Ciano.

Dès les premières rampes, j'aperçois un compagnon qui semble m'attendre. Arrivé à sa hauteur, il démarre et se tient à une centaine de mètres au-devant de moi, comme pour me montrer le chemin. Oui mais voilà, il a des possibilités supérieures aux miennes lui, et de plus, il semble en connaître chaque lacet. Alors, dans les virages, chaque fois qu'il me perd de vue, il m'attend et dès qu'il m'aperçoit, il redémarre. J'ai beau lui crier : "Allez, laisse-moi monter à mon train !", rien n'y fait. C'est plus fort que lui, il ne peut s'empêcher d'alterner haltes et démarrages. Vu son comportement, il ne doit pas être inscrit à la Confrérie des Cent Cols ; d'ailleurs, il n'en porte aucun signe distinctif.
Un peu après la mi-col, je décide de faire une halte, histoire de me désaltérer et de "grailloûter" quelque peu. Mon ami, ne me voyant pas arriver, trouvant sans doute le temps trop long ou craignant (à coup sûr) pour moi une hypothétique défaillance, commence à redescendre à l'instant même où je remonte sur mon vélo. Aussitôt rassuré sur mon état de santé, il reprend sa centaine de mètres d'avance, tout fier de me faire admirer ce superbe col bordé de châtaigniers énormes, deux ou trois fois centenaires. Et nous avons ainsi grimpé le col de Ciano ; lui devant... et moi derrière.

J'arrive au sommet, personne ! Plus rien, plus de compagnon d'escalade, plus de chien, car il s'agit bien d'un chien que j'ai eu comme compagnon de route ; il s'était volatilisé. Il avait sans doute pris un raccourci pour revenir à son point de départ et peut-être allait-il attendre un autre cyclo pour le conduire au sommet.

Cette ascension du col de Ciano restera longtemps gravée dans ma mémoire avec comme souvenir, le comportement de ce si sympathique toutou. Contrairement à la majorité de ses congénères qui ont une préférence pour croquer les mollets des cyclistes (j'ai déjà donné, merci !), lui, préfère... tout simplement leur tenir compagnie et... c'est tellement sympa.

Je suis revenu par la même route à Bastelica. Sur la D 3, après le col de Menta, j'ai découvert Tolla, son superbe barrage EDF et le col de Mercujo. Cette petite route vraiment "corse" est peu large et dans un état lamentable. Elle demande une attention constante, mais la circulation y est quasiment nulle et quel paysage !

Quelle belle journée et que de souvenirs et d'images engrangées !

Serge PAUMIER N°3208

de NOUANS le FUZELIER (Loir et Cher)


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