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Le bon Saint Bernard

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En perdition entre le Télégraphe et le Galibier, j'avais laissé partir Jean-Claude mon compagnon de route. Assis tel le penseur de Rodin, sur un bloc de béton, j'espérais qu'il rejoindrait le sommet du Lautaret, où nous avions, ce matin, laissé la voiture.

Peut-être avais-vu trop grand, je manquais sans doute de kilomètres, je veux dire de longues sorties, mais le parcours était tentant : la Croix de Fer en accrochant le Glandon au passage, un crochet par le Mollard dans la descente, le Télégraphe, le Collet du Plan Nicolas et le Galibier. Mais à Valloire, je rendais les armes après une montée du Télégraphe dans la douleur.

J'attendais Jean-Claude, lorsqu'une voiture descendant du Galibier, s'arrêta à ma hauteur : "Montez, je vous emmène" me dit le chauffeur que je ne connaissais pas. Quand il claqua le hayon de son auto pour y fixer un porte-vélo, je vis sur la vitre le magnifique écusson du Club des "Cent Cols". Je commençais à comprendre, il me raconta que dans la montée du col il avait doublé mon copain qui avait ce jour-là revêtu le maillot de notre confrérie. S'arrêtant un instant, ils échangèrent quelques mots et Jean-Claude eut vite fait de lui expliquer la situation. Sans hésiter, le bon Saint Bernard fit demi tour pour venir me chercher et lorsque, dans la voiture, je lui demandais son nom pour connaître mon sauveur, il me répondit "Henri Dusseau".
Si, comme le dit le proverbe, seules les montagnes ne se rencontrent pas, c'est parfois grâce à elles que l'on rencontre ses amis. Merci.

Alain FOUQUE N°4507

de MEYREUIL (Bouches-du-Rhône)


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