Page 11 Sommaire de la revue N° 27 Page 13

La Nouvelle Calédonie

Revue N° 27 Page 12

La Nouvelle Calédonie fait partie de la Mélanésie : cet archipel est situé au sud-ouest de l'océan Pacifique. Communément appelée "Grande Terre", l'île principale est traversée dans toute sa longueur (400 km) par une chaîne de hautes montagnes.

Ce territoire d'outre-mer est atteint après un vol de 22 heures avec escale à Bangkok.
Un séjour de 3 semaines en mai, période automnale favorable, va nous permettre de visiter la province nord dans un premier temps, avec Koné comme lieu de résidence, puis Nouméa avec sa côte découpée avançant dans le plus grand lagon du monde.

Paradis des chasseurs de cols, la Calédonie en compte un nombre important, de faible altitude certes, et, la plupart sur les routes côtières. Trouver des ascensions répondant aux conditions du BIG est un autre problème. Peu de routes traversent la chaîne et les cols n'atteignent pas 500m ; il faut chercher ailleurs : vers Koné où deux réussites viendront enrichir mon palmarès.

Dans cette région la première difficulté est l'absence totale de panneaux de signalisation. Face aux nombreuses routes partant vers les tribus, il n'est pas toujours aisé de trouver son chemin (dès que l'on emprunte ces pistes, le goudron disparaît).

Premier objectif : le col de Poindala vers la tribu d'Atéou. Quelques raidillons avant d'entamer la montée, plusieurs passages à 10 % et les 500 derniers mètres très pentus me contraignent à monter à petite allure. Avec l'absence d'ombre je termine péniblement, fatigue du voyage et décalage horaire pouvant probablement expliquer cette lassitude.

Trois jours plus tard j'entreprends l'ascension du col de Poindiou à nouveau sur une route non revêtue. Au delà de la tribu de Taniaka, la première partie n'est pas trop pentue, mais dès le troisième kilomètre, il faut affronter des pourcentages sévères. Dès lors, plus de répit sur cette piste en latérite inondée de soleil. La récompense arrive avec le sommet où l'on découvre un large panorama.
Il ne nous reste plus qu'à rejoindre Nouméa distante de 270 km.
D'entrée, je vais m'offrir une superbe ascension, le mont Koghi : partant du sud de la ville, un petit col sert de mise en jambes, puis suivent une série de côtes avant de gravir le col de Tonghoué. Au bas de la descente je suis au pied de mon cent-huitième BIG : 5 kilomètres très difficiles avec des passages variant de 10 à 18 % sur une route goudronnée. J'effectue la montée sous un déluge, cette pluie est la bienvenue compte tenu de la rudesse de la pente; en voilà un qui figurera en bonne place à mon palmarès.

Deux échecs vont suivre sur des muletiers impraticables. Alors que je m'achemine vers un maigre bilan, la chance me sourit enfin avec la rencontre de résidents avec qui nous avions effectué le voyage aérien. Le prêt d'un vélo "Cannondale" très performant et des informations précises sur des pistes cyclables vont me permettre d'augmenter mon capital de 4 unités.

Dès le lendemain, je programme le col de la Haute Couvelée, superbe ascension présentant un dénivelé de 900 m en 10 km : dur ! mais, quelle satisfaction d'épingler ce col. Le col de Nandoué et les monts Dzumac et Ouamouraï ne sont guère plus faciles : pistes en latérite, pourcentages sévères et en prime la chaleur et les moustiques.

Terre d'aventure, ce beau pays offre de multiples randonnées mais il est indispensable d'obtenir un maximum d'informations auprès des populations locales, les cartes étant peu fiables et les panneaux bien souvent absents. Il convient de s'engager avec prudence dans certains secteurs notamment en cas de pluie ; quant au matériel, un VTT n'est pas un luxe.

Un troisième voyage dans le Pacifique devrait me permettre de décrocher le brevet du Kangourou ; Mélanésie ou Polynésie : le choix sera difficile !

Bernard LAVIEVILLE N°1282

d'AMIENS (Somme)


Page 11 Sommaire de la revue N° 27 Page 13