A propos........les nouveaux Cols.



Depuis quelques mois, notre raison a été alertée par un phénomène nouveau et qui nous pose problème.
De toute part, on nous demande de donner notre accord ou d'interdire l'homologation de nouveaux cols sortis de partout et souvent de nulle part. Des différends apparaissent, des tempêtes dans des verres d'eau naissent et disparaissent, des lettres frisants l'injure, la xénophobie et l'insulte fleurissent, les e-mail sont le théâtre de débats passionnants et passionnés, une effervescence, par ailleurs fort sympathique se crée au niveau de ces nouveaux cols.
Après réflexions, calmement, unanimement, nous avons décidé d'apporter à tous et à chacun le point de vue "officiel" de la Confrérie, la ligne philosophique, en quelque sorte.
Revenons il y a trente ans......A cette époque (1969) notre fondateur et quelques précurseurs établissent pour les massifs montagneux Alpins et Pyrénéens d'abord, puis dans les massifs vallonnés, par département en France, une première liste "officielle" (encore très incomplète) de cols routiers. En 1971, une seconde liste, (non exhaustive) établie par les mêmes, couvrant l'ensemble des départements français ayant, à l'époque au moins un col, est mise à disposition des premiers Cent Cols. Ces listes sont admises par tous pendant de nombreuses années.
Admises, car notre règle du jeu (toujours la même en l'an 2 000 ) reconnaît un col par l'une ou l'autre des deux caractéristiques suivantes : être nommé sur un panneau (sommital ou directionnel ) ou être inscrit sur une carte. Régulièrement, de nouveaux panneaux apparaissaient de ci de là, pour matérialiser une habitude, un usage, une tradition. Avec joie nous ajoutions à nos listes ces nouveaux cols et quelquefois en grande ou en modeste pompe, nous participions à l'inauguration de ces nouveaux cols. En toute amitié, en toute simplicité. Nous étions ce que nous voulons encore être, des artisans.
Revenons à l'heure actuelle. Quasiment tous les jours, nous sommes sollicités pour homologuer ou inaugurer un nouveau col.
Que se passe t'il ? Des cyclotouristes, souvent des Cents Cols, heureux et fiers de leur région, souhaitent "inventer" un nouveau col. Ils vont voir les autorités territoriales compétentes et travaillent beaucoup pour qu'un panneau officiel soit implanté. Tout est donc simple au niveau d'un seul col. Le problème pour la Confrérie est que notre audience est désormais Européenne, et que chaque cyclotouriste de bonne foi, fait assaut de dynamisme, d'entregent, de travail pour créer non pas un col, une fois, mais dix, vingt, cinquante cols, ou plus. De notre côté, nous devons appliquer notre règle et admettre chaque fois les nouveaux cols inventés, même si notre conscience nous le reproche.
Cette création de cols, fabriquée de toutes pièces nous gène car le risque est d'inventer à tour de bras des nouveaux cols, simplement pour augmenter nos listes ou faire plus que le département ou le pays voisin !
Pour notre part, nous demandons à chacun de réfléchir et de ne proposer la mise de panneaux au sommet d'un col, que si la tradition ou l'usage nomme ce passage "col". Dans le cas contraire il vaut mieux valoriser la pratique du cyclotourisme en montagne par d'autres actions moins sujettes à caution.

Jean Perdoux - Président et fondateur de la confrérie.
Henri Dusseau - Secrétaire général de la confrérie.
René Poty - Secrétaire adjoint de la confrérie.

le 08/12/99